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«L’Imam et le pasteur» en Suisse
30 avril 2008
Cornelio Sommaruga, Président honoraire d'I&C International, en compagnie du pasteur James Wuye at de l'Imam Muhammad Ashafa du Nigéria
Cornelio Sommaruga, Président honoraire d'I&C International, en compagnie du pasteur James Wuye at de l'Imam Muhammad Ashafa du Nigéria (Photo: Danielle Maillefer)
«L’imam et le pasteur: deux chefs de guerre convertis au pardon». Tel est le titre de l’article qui a paru le 24 avril dans les deux plus grands journaux de Suisse romande, la Tribune de Genève et 24Heures.

Par Jean-Jacques Odier

C’était à l’occasion du séjour à Genève et Lausanne de deux personnalités du Nord du Nigeria, l’imam Muhammad Ashafa et le pasteur James Wuye. Après avoir dirigé des milices rivales dans des heurts fratricides, les deux chefs religieux se sont peu à peu réconciliés, non sans peine, et ont depuis créé un centre de médiation entre musulmans et chrétiens dans leur région. Il faut rappeler en effet que le nord du Nigeria a été le théâtre, depuis trente ans, de violentes confrontations entre les deux communautés.

Leur venue a coïncidé avec la première mondiale, à l’université de Genève, de la version française du film documentaire illustrant leur expérience. Celle-ci est probante, comme le relate le quotidien Le Courrier en citant l’un d’entre eux: «En l’an 2000, les émeutes qui ont suivi l’extension de la charia ont fait plus de 2.500 morts dans notre Etat. (…) En 2006, lors de l’affaire des caricatures [de Mahomet par un journal danois], il n’y en a eu aucun.»

La projection du film tout comme l’humilité du témoignage des deux hommes durant l’échange qui a suivi a été fortement applaudie par les 200 personnes présentes, un public vibrant. Le pasteur Wuye a profité de l’occasion pour remercier la Suisse d’avoir rendu au gouvernement de son pays des fonds importants qui avaient été transférés illégalement dans des banques helvétiques par un ancien président nigérian.

La soirée était organisée par Initiatives et Changement international et Caux – Initiatives et Changement, avec le soutien notamment de la Mission permanente du Nigeria auprès des Nations Unies à Genève, de la Faculté de théologie de l’université et de l’Institut international de recherches pour la paix (GIPRI). Le modérateur était M. Michel Kocher, responsable du service protestant de la Radio suisse romande, qui s’est dit frappé par le fait que les deux personnalités nigérianes avaient l’art «d’être vrai sans blesser» et que la coexistence pacifique, avec la dignité de l’autre comme absolu, était aussi importante que le dialogue.

M. Angelo Barampama, chargé de cours au Département de géographie de l’université, au nom duquel il a introduit la soirée, a rendu hommage aux deux invités et a noté la pertinence du fait que cette soirée avait lieu dans le prestigieux auditoire des droits de l’Homme de l’université: «Tout un symbole et un programme pour nous tous». Il a confié que son fils de treize ans lui avait auparavant passé ce message : «Dis à l’imam et au pasteur qu’ils forcent mon admiration.»

Une autre projection du film a eu lieu au centre interreligieux de Lausanne. Les deux Nigérians ont été interviewés pour deux émissions à la radio suisse romande et ont rencontré l’ambassadeur de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) à Genève, qui souhaite beaucoup qu’une version arabe du film soit entreprise. Ils ont enfin été reçus à la mosquée de Genève, au Conseil œcuménique des églises et aux Nations Unies.
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