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A Genève, un débat sur la responsabilité sociale des entreprises
06 juin 2008

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Une trentaine d'hommes et de femmes d'affaires, banquiers, universitaires et représentants d'associations professionnelles ont participé à un déjeuner à Genève, le 27 mai, pour un débat sur la responsabilité sociale des entreprises.

Cette rencontre s’est déroulée en présence de M. Mohamed Sahnoun, président d’Initiatives et Changement International et avait été organisée par M. Bernard Koechlin, président honoraire de la plus grande entreprise suisse de construction, en collaboration avec Mme Danielle Maillefer, directrice du bureau d’Initiatives et Changement International à Genève, M. Jacky Brandt, entrepreneur de Bulle, et M. Maarten de Pous, des Pays-Bas, conseiller spécial de la Table ronde de Caux (CRT).

L’intervenant, M. Frank Straub, président de la section allemande de la Table ronde de Caux, avait choisi un thème provocateur: « Pouvons-nous sauver l’économie de marché des excès qui la menacent ? » Le directeur du groupe allemand Blanco, qui fabrique du matériel professionnel de cuisine et de l’équipement médical, a parlé avec passion de l’application des principes de la Table ronde de Caux dans son entreprise familiale et de l’utilisation d’un outil récent produit par la Table ronde, Acturus, pour la mise en œuvre et l’évaluation de ces principes.

Ces dernières années, a rappelé Frank Straub, le monde des affaires et de l’industrie est devenu l’élément majeur de fonctionnement du monde. Ainsi, le sens de responsabilité qu’il doit déployer est crucial. Il ne doit en aucun cas déléguer cette responsabilité aux autorités politiques. L’industriel allemand s’en est pris avec vigueur à l’attitude « égoïste et irresponsable » des hommes d’affaires qui s’estiment trop occupés pour prendre à cœur le monde extérieur. « La confiance est ébranlée, a poursuivi Frank Straub. Le marché, ce sont des êtres humains. Les affaires, ce sont aussi des gens. La moralité du marché dépend de la qualité morale de chacun d’entre nous. » Statistiques à l’appui, Straub a démontré qu’une forte dose de confiance abaisse le niveau de la corruption. Il a souligné que toute la publicité faite pour le recrutement de son personnel fait état de l’engagement de l’entreprise par rapport aux principes de la Table ronde de Caux et que les candidats à l’emploi se montrent particulièrement désireux de travailler pour une telle entreprise. Appliquer des principes est un plus pour le bien de l’entreprise : « Vous attirez de bons travailleurs et vous les retenez. Les résultats suivent. »

Le débat, vif et animé, était conduit par le professeur et économiste Paul Dembinski, directeur de l’Observatoire de la Finance, un centre de réflexion basé à Genève qui permet aux représentants du monde financier d’étudier et de débattre les questions de responsabilité individuelle et collective. M. Dembinski est l’auteur d’un document qui suscite beaucoup d’intérêt et de discussion, le « manifeste pour la finance au service du bien commun » (voir www.obsfin.ch/manifeste.htm). Il s’est dit préoccupé des dangers systémiques liés à une vision à court terme. La réputation et une culture d’entreprise demandent un long mûrissement, mais ils peuvent aussi se déliter très rapidement, a noté le chef d’une grande entreprise familiale.

Andrew Stallybrass, traduit par Jean-Jacques Odier

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