Une avancée capitale de la Birmanie vers la démocratie - Aung San Suu Kyi
Un dialogue de 5 jours sur le thème « Actualiser la démocratie » (lien en anglais) a été inauguré dimanche dernier à Asia Plateau, le centre d’Initiatives et Changement (I&C) à Panchgani, en Inde. La militante birmane pour la démocratie Aung San Suu Kyi a spécialement envoyé une vidéo pour la cérémonie d’ouverture.
Madame Suu Kyi a expliqué que son pays est « sur le point de faire une avancée capitale » dans sa quête de la démocratie. « C’est formidable qu’un peuple puisse prendre sa destinée en main » a-t-elle ajouté. Elle a toutefois mis en garde : « il n’existe pas de point de non-retour » dans un processus de démocratisation. “On peut rebrousser chemin à tout moment.”
« La démocratie fait partie de la société et non uniquement de la gouvernance » a-t-elle continué. « C’est pourquoi nous devons avancer dans toutes les directions, qu’elles soient politiques, sociales ou éducatives. Bien sûr, la société civile doit également s’investir, autant que la communauté internationale. »
De droite à gauche: Rajmohan Gandhi, le general Joseph Lagu et Waadia Khoury durant la cérémonie d’ouverture de la conférence« La route vers la démocratie n’a pas de fin. Une fois que nous aurons accédé à la démocratie politique, nous devrons aussi atteindre la démocratie sociale, a-t-elle observé. Les longues années que la Birmanie a vécues sous le régime militaire sont une faiblesse pour le pays entier. Nous devons nous défaire de nos propres faiblesses. »
En continuant sur le thème du progrès continu, la lauréate du prix Nobel (lien en anglais) a insisté sur l’importance des responsabilités et des devoirs. « Quand les Birmans parlent de la démocratisation, ils pensent aux droits qu’ils auront, mais pas aux responsabilités qu’ils devront assumer. C’est pourquoi, dans ce ‘Dialogue pour la démocratie’, je juge important que vous vous réfléchissiez autant aux responsabilités qu’aux droits. Comment pouvons-nous développer un sens de la responsabilité démocratique ? Où est-ce que cela doit commencer ? … Je crois que cela doit commencer au niveau familial. En partant de la famille, puis dans la société, nous devrions comprendre ce que la démocratie signifie, pas seulement en matière de droits, mais également en matière de responsabilités. »
La leader birmane a également rendu hommage au Mahatma Gandhi, « père de la politique non-violente » et modèle pour la Birmanie. Elle a exprimé son admiration pour le bon sens du Mahatma, la chose la plus important en politique selon elle. Puis, elle a appelé tous ses héritiers, tous ceux qui croient en la démocratie et la non-violence, à aider la Birmanie à suivre le bon chemin.
Plusieurs discours et mots de bienvenue ont suivit le message vidéo. Parmi lesquels celui d’Omnia Marzouk, présidente d’I&C International ; celui de Rajmohan Gandhi, petit-fils du Mahatma et ancien président d’I&C ; ainsi que celui du général Sud-soudanais Joseph Lagu, figure emblématique dans son pays.
Rajmohan Gandhi accueille le Dr. Riek Machar Teny, Vice-président du Soudan du Sud et des membres de cette délégationLe Dialogue a pour but de rassembler des militants et des participants du monde entier, engagés dans des processus démocratiques, gouvernementaux ou non, pour échanger leurs expériences ; dans l’espoir que cela les enrichira mutuellement et qu’ils rentreront dans leurs pays respectifs avec des idées concrètes pour mettre en place une démocratie authentique. Des délégations de 30 pays participent à l’événement, qui se déroule jusqu’au 12 janvier 2011.
Transcription (en anglais) du message de Aung San Suu Ky lire >>
Transcription (en anglais) du message de Rajmohan Gandhi lors de l'ouverture de la session lire >>
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