Changement climatique, conflits et sécurité humaine
Le panel de la conférence parallèle d’Initiatives et Changement lors de la Conférence sur le changement climatique COP17 de Durban (Photo: Christa Lane Hooper)
Durant le sommet sur le changement climatique de Durban, une délégation d’Initiatives et Changement était présente comme observateur officiel, et en tant que représentant de la société civile lors des négociations intergouvernementales, elle s’est plus particulièrement penchée sur les conséquences du changement climatique sur les conflits et la sécurité humaine. Le 8 décembre, avec le projet Changement climatique, conflits hydriques et sécurité humaine, financé par l’Union Européenne, elle a organisé une conférence parallèle. Environ 40 personnes ont participé à l’événement.
« Au court des dernières années, nous sommes devenus de plus en plus conscients des relations étroites entre les questions de changement climatique et les problèmes de sécurité humaine. » A souligné Jennifer Helgeson, lors de son introduction. Madame Helgeson est chercheur au Grantham Centre for Climate Change de la London School of Economics et co-directrice du groupe Environnement et économie du Forum de Caux sur la sécurité humaine.
Les panélistes (de gauche à droite) Jennifer Helgeson, Carola Betzold, John Liu, Matthias Duwe, James Thurlow, Martin Frick (Photo: Christa Lane Hooper)
Un panel remarquable d’intervenants a approfondi les aspects de ces relations. Par exemple, Carola Betzold, de l’Ecole polytechnique fédérale de Zürich (EPFZ), a présenté les résultats de recherches récentes étudiant les moteurs de conflit. Ceux-ci incluent autant le climat politique, ainsi que des facteurs socio-économiques, selon les conflits. Elle a argumenté que le changement climatique a une influence indirecte sur les conflits liés à l’eau.
James Thurlow, du World Institute for Development Economics, a donné un aperçu d’une étude de cas au Niger, qui a conclu que les conflits mènent au changement en disponibilité et à l’accès des services rendus par les écosystèmes. L’étude a aussi démontré que les conflits à cause des ressources naturelles sont aggravés par le changement climatique.
La seconde partie de la soirée a examiné les mesures pratiques nécessaires pour s’atteler au lien entre les conflits et le changement climatique, en particulier pour la restauration des terres dégradées.
« Nous ne pouvons pas faire de compromis avec la nature »
Sergio Zelaya Bonilla, représentant la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), a donnée une vue d’ensemble des objectifs de la Convention : améliorer les conditions de vie des populations affectées par la désertification ; améliorer les conditions des écosystèmes touchés ; générer des bénéfices mondiaux ; mobiliser les ressources nécessaires pour atteindre ces buts. Monsieur Bonilla a ajouté que la UNCCD a une approche « holistique et intégrale » et a mis en évidence les diverses zones de synergie, comme la sécurité alimentaire, le changement climatique et la biodiversité. Il a également souligné la nécessité d’inclure dans la discussion les agriculteurs et les agroforestiers, qui peuvent apporter leur savoir précieux et pertinent au débat.
Echanges avec le public (Photo: Christa Lane Hooper)
Martin Frick, ancien diplomate allemand, qui représentait Third Generation Environmentalism (E3G) et I&C, a parlé de défis de la diplomatie et de « l’art du compromis ». Malheureusement, a-t-il dit, « nous ne pouvons pas faire de compromis avec la nature. Nous nous sommes mis dans une situation où le fondement même de nos vies est en danger ». En parlant de la façon dont nous évaluons ces risques, monsieur Frick a abordé le manque de conviction pour comprendre l’impact réel du changement climatique. Le danger de se focaliser sur les moyennes mondiales de température, a-t-il dit, est que « la signification d’une augmentation dans la moyenne peut dire quelque chose de différent selon les parties du globe où l’on se trouve. » Il y a un besoin de mettre en œuvre des politiques intégrées pour gérer les risques, ainsi qu’une approche multilatérale, a-t-il conclut, en mettant en avant le rôle central des femmes en tant que moteur pour le développement durable.
Trop souvent, les négociations sur le changement climatique sont caractérisées par le manque de confiance et le rejet des responsabilités sur les autres parties. A ajouté Jennifer Helgeson, expliquant comment I&C, avec son réseau mondial de personnes de différentes cultures et religions, travaille pour réconcilier les différences pour combattre le manque de confiance et permettre la répartition des ressources mondiales de manière plus efficace »
Madame Helgeson a expliqué que le programme d’I&C « Restaurer les terres dégradées » a émergé du Forum de Caux sur la sécurité humaine et son travail pour saisir à bras le corps les causes fondamentales de conflits et d’hostilité.
Cet événement a réussi à encourager le dialogue et les conversations sur un problème extrêmement important et pertinent. Il y a eu une vive discussion sur les façons d’instaurer la confiance entre des groupes de cultures diverses autour d’une préoccupation commune pour la restauration des terres et le changement climatique. Cet événement a également augmenté la coopération entre les membres du panel et leurs organisations, ainsi qu’avec le public.
Raport de Firyal Mohamed, membre de l’équipe.
>>Vous pouvez lire le blog de l’équipe d’I&C à Durban ici (en anglais)
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