La confiance, un dénominateur commun

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Les panélistes de la table ronde sur les fondements spirituels de la confiance Scott Perkins, Azhar Hussain, Sarah Beller, Tee Turner. left to right (Photo:Adriana Borra)Les panélistes de la table ronde sur les fondements spirituels de la confiance Scott Perkins, Azhar Hussain, Sarah Beller, Tee Turner. left to right (Photo:Adriana Borra)Alors que l'occupation de Wall Street par les Indignés suscite la division aux Etats-Unis, Initiatives et Changement a co-organisé une semaine sur la confiance, The Trust Factor, à Washington. Mary Ella Keblusek a décrit les évènements dans Global Update. Quelques extraits de son reportage.

"Il y a un an, lorsque nous avons lancé notre projet, nous ne pouvions pas savoir à quel point il tomberait à pic - le thème comme l'endroit!" s'exclame Rob Corcoran, directeur national d'Initiative of Change: "Avec la paralysie du gouvernement, l'effondrement des systèmes financiers, le chaos de l'ordre mondial, un tel événement a permis à plus de cent participants de ressentir l'urgence et l'acuité du problème."

Le Trust factor (le facteur confiance) ? Il s'agissait d'une semaine de tables rondes, de dialogues, d'ateliers et autres événements tenus en octobre d'un bout à l'autre de la capitale étasunienne pour explorer le besoin de confiance dans les domaines politique, racial, économique, religieux. Le cadre était donné dès le départ, dans un esprit de partenariat qui réunissait des jeunes leaders de plus de dix organisations aux visées locales, nationales et mondiales.

Un moment fort de la semaine était l'honneur rendu à quatre "bâtisseurs de confiance" par l'ambassadeur d'Australie Kim Beazley, qui a souligné dans son discours : "Nos sociétés sont prêtes à suivre des êtres humains qui conduisent avec humilité, écoutent les autres et exercent leur conscience."

Azhar Hussain, Dr Douglas Johnston, Terry Flood, Dr Gail Christopher (Photo: Karen Elliott Greisdorf)Azhar Hussain, Dr Douglas Johnston, Terry Flood, Dr Gail Christopher (Photo: Karen Elliott Greisdorf)Parmi les lauréats, signalons Terry Flood, co-fondatrice et directrice exécutive de Jubilee Jobs, qui a développé la confiance face à la fracture économique en aidant plus de 22'000 personnes du district à trouver des emplois et une autosuffisance. Et aussi Gail Christopher, vice-présidente des programmes de la Fondation WK Kellog, qui a incité son organisation à lutter contre le racisme et les inégalités.

Deux représentants du Centre international pour les religions et la diplomatie (ICRD) ont également été récompensés: Douglas Johnston, président fondateur, et Azhar Hussain, premier vice-président pour la diplomatie préventive. L'ICRD a aidé les milieux de la politique étrangère étasunienne à saisir l'importance de comprendre et de respecter la foi des autres cultures dans le contexte des efforts diplomatiques.

Deux événements ont mis l'accent sur les problèmes intrinsèques du système financier. Lester Myers, avocat, expert-comptable certifié, professeur à l'Université de Georgetown et membre de la Caux Roundtable, a évoqué une vaste rupture de confiance à presque tous les niveaux: banquiers, emprunteurs, régulateurs, dirigeants de sociétés, agences de crédit, politiciens, juristes, experts-comptables, médias: "Chaque groupe poursuivait son propre agenda, tout en restant moralement oublieux et même volontairement aveugle à l'impact de leurs actions sur les autres." Dans une table ronde sur des investissements socialement responsables dirigée par la Fondation Calvert, on a compris que les individus ont bien plus de pouvoir économique qu'ils ne l'imaginent. Le panel a encouragé à apporter un soin particulier dans le choix d'une banque ou d'un investisseur: notre argent peut soutenir des besoins locaux, plutôt que des projets anonymes dans le monde dont on contrôle peu les contours et la redevabilité.

participantes de l'atelier (Photo: Adriana Borra)participantes de l'atelier (Photo: Adriana Borra)Un atelier, s'inspirant de la méthode "Espoir pour nos villes", a offert des outils pour élaborer la confiance dans la tolérance raciale et le changement communautaire. Il a exploré le défi de créer un environnement ou les vérités qui blessent peuvent être dites, en instaurant la tolérance et la coopération. Travailleur social et formateur, Dushaw Hocket résume ainsi sa participation: "La confiance est fragile, elle est basée sur notre capacité d'inclure et de faire tenir des vérités multiples et concurrentes, en permettant aux gens d'accepter les faits tout en maintenant l'espérance d'un avenir plus confiant."

Le dernier jour était consacré à la participation et la responsabilité des citoyens pour l'instauration d'un climat de confiance dans la vie publique. Mee Moua, paneliste de l'Asian & Pacific Islander American Health Forum, et ancienne sénatrice, a encouragé les participants à se rappeler la dimension humaine des élus: "Nous devons créer des relations authentiques avec les dirigeants que nous avons désignés, plutôt que des relations transactionnelles consistant à les contacter seulement quand nous avons besoin de quelque chose."

La semaine du "Trust Factor" a été un succès à bien des niveaux. Elle a montré le pouvoir d'une large collaboration entre partenaires et l'importance de regarder la confiance selon différents points de vue. Bien sûr, ce n'est qu'un début. Le dialogue sur la confiance va se poursuivre à Washington, et émigrer sous diverses formes vers d'autres lieux.

>> Pour en savoir plus sur le Trust Factor

Traduction : Daniel Wermus