Historique/Brésil
HISTORIQUE
BRÉSIL

 

Campagne pour des élections propres au Brésil

Les conférences de l’OIT à Genève ont été pour beaucoup de syndicalistes brésiliens et de représentants patronaux l’occasion d’un premier contact avec Caux. Ce fut le cas en 1970 pour Jones Santos Neves Filho qui devait devenir vice-président de la Confédération nationale des industries du Brésil et député au Parlement fédéral.
Au début des années 90, il s’inquiète de l’ampleur que prend la corruption, dans laquelle il voit le premier obstacle à la lutte contre la pauvreté. Impressionné par une campagne pour des élections propres menées en 1992 à Taiwan par les équipes d’Initiatives et Changement, il lance en 1994 une campagne similaire à l’occasion des élections présidentielles. Les électeurs sont invités à signer l’engagement de ne rien accepter en échange de leur vote. Les candidats, s’ils sont élus, s’engagent à approuver des lois qui seraient appelées à moraliser le processus électoral. Une équipe d’Initiatives et Changement organise des manifestations publiques, soutenues par l’Eglise catholique et une partie des médias brésiliens. Elle parvient à sensibiliser la population à la lutte contre la corruption. La fraude électorale recule dans de nombreux endroits. Des parlementaires accusés de malversations ne sont pas réélus, un scrutin frauduleux à Rio est annulé. Une prise de conscience s’est opérée au sein de la population et l’expression « d’élections propres » a été reprise par le tribunal électoral fédéral.
Après les élections, le mouvement s’est poursuivi sous d’autres formes : les leaders de communautés venant d’une vingtaine de favelas du Brésil se sont réunis en novembre 1995, afin de se mobiliser pour redonner une base morale à la vie sociale du pays. >>>Suite