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Activités au Québec

Mardi, 23. juin 2020

 

Au Québec, Canada, la première Formation résidentielle Bâtir la Confiance (TBT – de l’anglais Trustbuilding Training) a eu lieu du 6 au 8 mars, juste avant que la crise COVID-19 n'interdise les rencontres en personne. La cohorte était composée de 14 personnes de différents milieux, origines et croyances. 10 autres personnes ont manifesté leur intérêt pour la formation sans pouvoir y participer cette fois-ci. Depuis le confinement du 13 mars, l'équipe a organisé plusieurs activités complémentaires en ligne pour le groupe TBT, alors qu'elle se prépare pour la deuxième partie de la formation Bâtir la Confiance.

Le premier week-end de formation

Au cours du week-end du 6 au 8 mars, le groupe de 14 personnes s'est réuni pour discuter et entamer le processus de collaboration visant à combler les fossés identifiés au Québec : les fossés raciaux et coloniaux, ainsi que la disparité entre le français et l'anglais. La langue est un sujet sensible au Québec, où les relations entre le français et l'anglais ont toujours été marquées par une rivalité, dont les origines sont de nature historique. Cela se reflète également chez les participants, dont certains des membres sont francophones et d'autres anglophones, mais dont la plupart sont bilingues. Les services de traduction étant coûteux, l'équipe a traduit certains des contenus pendant la formation pour s'assurer que chacun comprendrait la profondeur des concepts présentés. L'aspect bilingue est toujours un défi pour l'équipe canadienne, car les traductions dans les deux langues sont nécessaires pour avoir une compréhension plus approfondie des sujets abordés.

Le groupe de participants était composé de personnes d'origines très diverses : des Euro Québécois, un immigrant récent musulman d’origine marocaine, une femme innue, un pasteur de l'Église adventiste du septième jour originaire d’origine de la République Démocratique du Congo, une personne musulmane non binaire d'origine turkmène qui porte le voile, une femme juive israélienne, un homme noir homosexuel, une femme d'origine vietnamienne, une femme originaire du Mexique, une personne d'origine juive et polonaise, et un étudiant en droit marocain qui travaille dans le domaine des droits indigènes pour les peuples amazighs. Des groupes aussi divers, composés de représentants de tous les secteurs se réunissant pour créer une unité qui intègre la diversité, constituent la force de changement la plus efficace. L'incapacité à construire un réseau de confiance véritablement diversifié affaiblit de nombreuses initiatives dignes d'intérêt. C'est pourquoi l'équipe s'est concentrée sur l'inclusion et la diversité.

Contenu et programme de l'atelier

Le cadre utilisé pour l'atelier au Québec est basé sur le programme d'études conçu à l'origine pour la Communauté Construction de la Confiance (« Community Trustbuilding Fellowship », CTF) à Richmond, aux États-Unis. L'adaptation du matériel de la formation à Richmond au contexte local a été principalement axée sur la recherche des principes directeurs sous-jacents de la théorie du changement et sur la construction d'un cadre théorique adapté au contexte québécois, comme base de la structure du programme d'études.

L'adaptation du programme d'études a constitué un défi à divers égards. En premier lieu, le contexte est différent [de celui aux États-Unis], et même si certains des clivages sont de nature similaire, ils se manifestent différemment dans le contexte québécois/canadien. Notamment, les questions linguistiques qui jouent un grand rôle dans la formation de l'identité au Québec créent des récits sur l'histoire coloniale et raciale. Celles-ci se manifestent différemment dans le contexte canadien, même si l'impact peut être similaire à ce que l'on observe dans d'autres parties des Amériques, y compris aux États-Unis. La relation avec les conflits est un autre problème auquel l'équipe a été attentive.

Les participants ont été initiés au contexte de la CTF, au cadre du Programme Bâtir la Confiance, aux quatre normes d’I&C, aux changements personnels et sociaux. Grâce à des réflexions collectives, les identités personnelles – considérations sur notre propre rôle, nos valeurs personnelles, nos privilèges et nos préjugés, en relation avec les structures – ont été explorées dans le cadre de différents ateliers et approches. Ensuite, la cohorte a examiné l'histoire et les récits collectifs par rapport aux récits personnels. Avec des exercices comme « l'exercice de la chronologie de l’Historie », les participants ont revisité l'Histoire du Québec/du Canada pour reconnaître et travailler à la guérison des exclusions et des blessures historiques. Le révérend Sylvester (Tee) Turner a également donné une conférence touchante sur « le tabouret à trois pattes de la Réconciliation ».

Le racisme et le colonialisme ayant été choisis comme des thèmes importants à aborder, des ateliers externes connexes ont été organisés pour la cohorte ; une organisation dirigée par des autochtones, Mikana, a été approchée et a présenté un atelier de sensibilisation aux réalités des peuples autochtones au Canada. On a demandé à Marie-Émilie Lacroix, de la Première Nation Innu, si elle pouvait diriger un atelier expérimental appelé « exercice de couverture », conçu pour parcourir l'Histoire des impacts profonds du colonialisme sur les Premiers Peuples. Ces expériences conduisent à une meilleure compréhension des préjugés que vivent les Premières Nations dans cette province et dans le pays entier. Beaucoup d'aspects peuvent être extrapolés à la discrimination et au racisme d'autres groupes minoritaires. Un auteur et éditeur qui s'attache à donner la parole aux auteurs africains et caribéens qui écrivent sur les luttes quotidiennes, Natacha Oddonat, a mené un atelier sur l’importance de l’imagination dans la création d’un monde confiant.

L'expérience des participants

« L'espace collectif nous a permis d'entendre d'autres perspectives et de commencer à construire quelque chose en commun ; cela fait du bien à mon âme. »

Participant

 

« La formation m'a aidé à mieux comprendre les droits, l'Histoire et la réconciliation des indigènes », a fait remarquer un participant. Un autre a déclaré qu'ils ont acquis « une nouvelle conscience de la complexité de l'Histoire canadienne ».

Les participants ont mentionné que le premier week-end les a aidés à prendre conscience de leur propre situation et à initier un changement personnel. Ils ont apprécié d'en savoir plus sur la situation de l'Histoire du Canada et des peuples indigènes. L'exercice de couverture en particulier a eu un impact sur les gens, car il recrée l'Histoire des peuples indigènes.

« L'exercice de couverture a été un moment fort pour moi ce week-end, car il nous a permis de recréer la situation injuste des Premières Nations ».

 

Participant

 

Réunions en ligne

En attendant que les activités en personne puissent reprendre, l'équipe a élaboré un autre plan pour l'organisation d'ateliers et de réunions en ligne. Ces sessions doivent permettre d'aborder les sujets en profondeur et de présenter à la cohorte de 14 personnes un programme d'études destiné à soutenir le travail personnel et à approfondir la réflexion sur la confiance, le renforcement de la confiance, les préjugés et les privilèges.

La première réunion en ligne avec la cohorte a eu lieu le 28 mars. Elle a été suivie de diverses communications par courrier électronique, de conversations individuelles avec les participants, de la mise en place de l’espace de collaboration « Slack », et d'une réunion de suivi en ligne le 8 mai.

Le premier atelier en ligne, une discussion approfondie sur la définition de la confiance, a eu lieu le 28 mai. Un deuxième atelier sur les préjugés et les partis pris aura lieu plus tard dans l'été. Le troisième atelier se concentrera sur un sujet qui reste à être déterminé, mais sera basé sur les propositions des membres du groupe. En juillet, une nouvelle évaluation des possibilités de développement du Programme Bâtir la Confiance sera lancée, sur la base du contexte attendu à l'automne.

 

 

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Le Programme pour la Création de la Confiance a pour but d’adresser les questions controversées aux niveaux international et national, sur la prémisse que seulement ceux qui ont subi un processus interne pour devenir fiables eux-mêmes peuvent commencer à refermer les clivages du monde. Le Programme été lancé par Initiatives et Changement international en 2019, avec des projets au Kenya, au Canada et en France.