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Choisir d'être le changement

Questions sur la création de la confiance, le leadership éthique et la durabilité pour la JIF 2021

Dimanche, 7. mars 2021

Autour du monde, le 8 mars est célébré comme la Journée internationale de la femme (JIF), et le thème de cette année est « Choisir de défier » – choisir de défier et de dénoncer les préjugés et les inégalités entre les sexes.

Collectivement, nous pouvons tous créer un monde inclusif où les voix des femmes ne sont pas seulement entendues, mais respectées et valorisées. Cela commence avec nous, au sein d'I&C, et cela commence par le partage des histoires des femmes qui font partie de notre réseau. En l'honneur de la Journée internationale de la femme, nous avons interrogé certaines des femmes membres du Conseil international pour connaître leurs avis sur le genre et l'égalité en relation avec les thèmes de la confiance, du leadership éthique et de la mode de vie durable.

 

Marta Dabrowska

Quel est, selon vous, le plus gros problème auquel sont confrontées les femmes en tant que bâtisseuses de paix ?


Marta Dabrowska (MD) : Les femmes sont toujours considérées comme inférieures lorsqu'il s'agit d'apporter des changements, car elles ne sont pas perçues comme des leaders nés, et donc pas considérées comme des modèles. Ce qu'une femme dit ou écrit passe souvent inaperçu, alors que lorsqu'un homme dit la même chose, il est cité publiquement. Une femme doit faire beaucoup plus d'efforts si elle veut être entendue, et même dans ce cas, ses mots peuvent avoir moins de poids.

Roweida Saleh (RS) : Je trouve que le plus gros problème auquel sont confrontées les femmes dans le domaine de la consolidation de la paix est que leurs voix ne sont pas entendues, ou qu'elles sont noyées par les voix masculines. Cela provient parfois de « barrières structurelles » et bien souvent du « conservatisme social ».

Cecilia Silundika (CS) : Bien qu'il y ait beaucoup de femmes impliquées dans la défense de la paix, les hommes ont tendance à dominer les rôles formels dans le processus de la consolidation de la paix ; ce sont principalement des hommes qui sont les gardiens et négociateurs de la paix, les politiciens, les dirigeants formels. Cette inégalité s'accentue pendant les conflits, car le pouvoir est réparti de manière inégale entre les hommes et les femmes, qui sont les premières victimes des conflits, car elles doivent s'occuper des enfants et s'efforcer de survivre et de protéger la famille.

Roweida Saleh

Qu'est-ce qui vous a aidé à être une défenseuse plus efficace de l'égalité dans votre carrière ?


MD : Dans le milieu universitaire, et en particulier dans le domaine des sciences humaines, un équilibre considérable a été atteint. Le domaine dans lequel je me spécialise a un caractère très féminin, avec beaucoup plus de femmes que d'hommes qui enseignent et font de la recherche. On peut y voir des femmes puissantes, et tant les collègues que les étudiants nous témoignent du respect. Je n'ai été confrontée à aucune discrimination, sauf, il y a quelques années, lorsqu'on m'a accusée d'être féministe après une de mes présentations !

RS : Le développement de compétences intrapersonnelles et interpersonnelles m'a aidée à me développer pour être capable de défendre l'égalité et l'autonomisation.

CS : Je pense que la sensibilisation est la clé d'un plaidoyer efficace. Il est important de se renseigner sur ce qui se passe, et d'être curieux. Avec les outils de recherche à notre disposition, nous pouvons nous instruire sur beaucoup de choses. Pour ma part, je suis impliquée dans des comités, des réseaux et des groupes de femmes depuis la fin de mes études secondaires.

Cecilia Silundika

Que signifie pour vous le terme « autonomisation » ?

 

MD: Le droit de prendre les choses en main, de prendre des décisions indépendantes, qui n'ont pas besoin d'être approuvées par d'autres, et de les mettre en œuvre.

RS: Personnellement, je considère que l'autonomisation consiste à faire entendre sa voix. Les femmes devraient pouvoir décider elles-mêmes de leur vie en ce qui concerne le mariage, la carrière et tout le reste. Donner du pouvoir aux femmes, c'est leur donner le contrôle de leur propre vie et de leur propre voix.

CS: À mon avis, chaque personne a des pouvoirs inhérents en elle. Donc, pour moi, l'autonomisation est un effort pour honorer, reconnaître et respecter ce pouvoir. Il s'agit ensuite de prendre des mesures concrètes pour soutenir et permettre aux femmes de s'approprier et d'utiliser pleinement leur pouvoir dans les domaines qui les concernent.

Comment la façon dont vous comprenez votre rôle de femme a-t-elle évolué au fil du temps, et qui ou quoi a provoqué les changements les plus importants dans votre façon de penser ?

MD : L'éducation a joué le rôle le plus important dans mon cas. En tant que femme et Européenne de l'Est, j'ai toujours eu un complexe d'infériorité par rapport aux Occidentaux. Les diplômes et les postes que j'ai obtenus par la suite m'ont donné une base sur laquelle je pouvais me tenir fermement. La nécessité de réussir devant étudiants et participants de conférences m'a appris à exprimer mes pensées et à défendre mes opinions, à être sur un pied d'égalité lorsque je collabore avec des hommes.

RS: En grandissant et en changeant de situation, j'ai commencé à défier la peur, à me défier moi-même et à défier ma communauté. Je pourrais écrire des histoires sans fin sur le nombre de fois que les gens de ma communauté m'ont fait sentir que j'étais « moins » parce que je n'ai pas d'enfants et que, par conséquent, je ne corresponds pas au rôle typique d'une femme, qui est celui de mère. Cependant, j'ai fini par comprendre que c'est moi, et moi seule, qui crée mon image extérieure, et que ce qu'ils voient n'est que le reflet de leurs propres expériences, peurs et jugements. J'ai un rôle en tant qu'être humain qui est fièrement une empathique, une femme, une éducatrice, une épouse, une bâtisseuse de confiance, et une avocate de l'égalité.

CS: C'est la participation active à divers conseils d'administration, l'animation d'ateliers sur l'autonomisation des femmes dans ma communauté et dans le monde qui a aiguisé ma vision et ma perspective. Étant également mère de trois filles, je prends sur moi de faire preuve de leadership et d'adopter des comportements qui les aident à comprendre qui elles sont et ce qu'elles ne devraient pas tolérer. Dès leur plus jeune âge, mes filles avaient l'habitude de m'accompagner à des conférences.