Comprendre l’une des causes fondamentales de l’extrémisme – le facteur religieux

La Belle Equipe

Comprendre l’une des causes fondamentales de l’extrémisme – le facteur religieux

Mardi, 22. mars 2016
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Comprendre l’une des causes fondamentales de l’extrémisme – le facteur religieux

Howard Grace 2004
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la montée de l’extrémisme. Parmi eux, la conviction de certains, de confessions religieuses diverses, que leurs actions sont au service de Dieu – et en particulier la manière dont ils se servent de leurs saintes écritures pour justifier leurs actions.

Dans le monde, nous somme nombreux, Musulmans compris, à être scandalisés par les actions barbares de Daesh. Comment des gens peuvent-ils penser agir ainsi au nom de Dieu ? Mais ce phénomène peut également nous faire réfléchir à ce que cela peut vouloir signifier quand les Chrétiens se réfèrent à la Bible comme étant la « Parole de Dieu ». Quel genre de Dieu des passages tels que Deutéronome 7, 1 & 2 peuvent-ils bien refléter ?

Quand l'Éternel ton Dieu t'aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, qu'il aura ôté de devant toi beaucoup de nations, sept nations plus grandes et plus puissantes que toi, Et que l'Éternel ton Dieu te les aura livrées, et que tu les auras battues, tu les voueras à l'interdit; tu ne traiteras point alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce; Vous démolirez leurs autels, vous briserez leurs statues, et vous brûlerez au feu leurs images taillées.

Est-ce vraiment Dieu qui commande? Peut-être considérait-on que ces sept nations adoraient de faux dieux or vivaient des vies ‘immorales’. Quoi qu’il en soit, cette férocité ne semble-t-elle pas s’apparenter à ce que font aujourd’hui les adhérents de Daesh, qui s’imaginent obéir à Dieu en cherchant à établir un califat et à affronter l’immoralité occidentale ?

Une perception différente

La grande majorité des croyants ne penserait jamais pousser ses croyances à de tels extrêmes. Toutefois, pour beaucoup d’entre eux leurs livres saints représentent ‘la Parole de Dieu’, qui d’une certaine façon doit être suivie et à laquelle il faut obéir. C’est un principe de base sur lequel tout le reste est bâti. Reportons-nous à un contexte plus large pour examiner ce facteur.

D’un point de vue chrétien, certains utilisent des mots tels que ‘infaillible’ et ‘sans erreur’ pour décrire la Bible, comme si d’une manière ou d’une autre Dieu l’avait dictée. Pour d’autres, il existe une approche tout à fait différente. Depuis des siècles de nombreux érudits (et des théologiens plus contemporains comme Marcus Borg) s’accordent pour ne pas voir les Ecritures saintes comme étant le témoignage de Dieu sur Dieu, mais plutôt comme venant d’êtres humains cherchant à comprendre comment Dieu intervient dans leur histoire et dans leur vie. La Bible est donc plus exactement à prendre comme le témoignage de ces auteurs sur Dieu – en fonction de leur contexte culturel, social et philosophique spécifique – plutôt que comme le témoignage immuable de Dieu sur Dieu.

J’admets que mes amis musulmans, pour qui l’unique texte coranique se veut la révélation exclusive faite au Prophète, puissent éprouver quelques difficultés à envisager une telle manière d’appréhender leur Livre saint. Mais un bon point de départ pour nous tous serait d’admettre en toute humilité que notre capacité mentale d’être humain à saisir des dimensions qui se situent au-delà de notre quotidien est très limitée. De ce fait, quand nous nous évertuons à trouver des réponses aux grandes questions mystiques, nous avons recours à des métaphores, paraboles et autres comparaisons pour donner une idée de vérités non littérales plus profondes.

Tous nos Livres saints recèlent de grandes richesses. D’un point de vue chrétien, je sais qu’au cours de l’histoire, ils ont inspiré des actes désintéressés à des millions de personnes. Mais il est également vrai que des hommes et des femmes ont épouvantablement souffert aux mains de Chrétiens qui déclaraient agir au nom de Dieu. Et même encore aujourd’hui, certains fouillent dans la Bible comme si elle allait nous révéler la volonté de Dieu sur toutes sortes de problèmes pour peu que nous parvenions à l’interpréter correctement. Par exemple, certains citent divers passages des Ecritures saintes comme s’ils révélaient un ordre divin à propos de l’homosexualité. Une telle approche ne fait souvent que renforcer les sentiments négatifs de l’auteur envers le sujet, tout en y adjoignant l’approbation de Dieu. Pourtant, si nous considérons que ces passages ont été produits par des hommes en quête d’explication dans le contexte des siècles préscientifiques antérieurs, libre à nous d’adopter un point de vue différent. On reconnaîtra que le discernement humain peut évoluer avec le temps, l’expérience et la réflexion, comme on l’observe pour diverses questions telles celles liées à l’esclavage, au rôle des femmes, ou à la terre en tant que centre de l’univers. Cela nous permet également de voir des passages comme Deutéronome 7, cité ci-dessus, avec des lunettes du développement culturel de l’homme. Nous ne sommes donc pas obligés d’accepter comme étant un ordre définitif de Dieu quelque chose que notre propre culture a depuis longtemps transcendé et que même elle exècre.

Ainsi, les atrocités que nous connaissons aujourd’hui devraient à tout le moins nous faire réfléchir à la nature profonde de nos livres saints. Si nous sommes capables de comprendre qu’au lieu d’être des dictats de Dieu les Ecritures reflètent la recherche des peuples anciens pour voir leur vie dans le contexte du Divin, il devient possible de se centrer sur l’esprit d’amour, de compassion et d’intégrité qui les habite et que la plupart d’entre nous peut ressentir comme étant le cœur spirituel de nos livres saints. De manière plus importante, cela pourrait également nous aider à aborder les aspects religieux de l’extrémisme avec plus d’assurance.

Howard Grace est l’un des fondateurs du West Berkshire Peace and Integration Forum au Royaume-Uni. Howard travaille avec I&C et a animé des centaines d’ateliers pour élèves du secondaire en Grande-Bretagne. Il est également le producteur délégué du film Beyond Forgiving (Au-delà du pardon).

NB : Des individus de toutes cultures, nationalités, religions et croyances sont impliqués et actifs avec Initiatives et Changement. Ce texte représente le point de vue de l’auteur, pas nécessairement de toute l’organisation Initiatives et Changement.

Traduction par Camille de Stoop

 

Howard Grace is one of the founders of the West Berkshire Peace and Integration Forum. Howard works with IofC and has conducted workshops in hundreds of Sixth Forms around the UK. He is also executive producer of the film Beyond Forgiving.

NOTE: Individuals of many cultures, nationalities, religions, and beliefs are actively involved with Initiatives of Change. These commentaries represent the views of the writer and not necessarily those of Initiatives of Change as a whole.

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Howard Grace is one of the founders of the West Berkshire Peace and Integration Forum. Howard works with IofC and has conducted workshops in hundreds of Sixth Forms around the UK. He is also executive producer of the film Beyond Forgiving.

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